Rêve Armoricain :Le Poème - Spleen du vieux marinSpleen du vieux marin
Il fixe l'horizon le regard éperdu Le soupir des flots effrayant et tragique Emportant sous ses yeux des marins disparus Dans le grand tourbillon de vagues dramatiques
La mer en colère balance son écume Contre de vieux gréements aux voiles arrachées Comme au jour malheureux recouvert de brume Où résonne en son coeur le ressac des rochers
Il glane des souvenirs de longues traversées Les yeux troubles et lourds par la force de l'âge Sous le vent gémissant où de pauvres damnés Ont laissé leur empreinte de gloire et de courage Dans le reflet des vagues où mirent les étoiles Il songe à ses voyages sur les flots déchaînés A l'autre bout du monde et puis ses yeux se voilent Chaque fois que la mer vient mourir à ses pieds
Dans le coin de son âme au pâle du matin Il revoit le gréement aux ailes déployées Escorté par le chant des mouettes et des marins Par des larmes de femmes que le vent fait danser