Elle a vu mainte fois des aurores naissantes Et l'heure du couchant à faire taire son coeur Espérer être femme plutôt que d'être amante Ignorée malheureuse par l'élu de son coeur
Son visage se fane son esprit s'obscurcit D'attendre vainement dans la désespérance Une tiède lueur pour éclairer ses nuits De celui qui pour elle ne voit qu'indifférence
L'on perçoit bien souvent l'écho de sa tristesse Sans doute connaît il cette mélancolie L'histoire est pitoyable son chagrin manifeste Et l'on entend parfois ses pleurs dans la nuit
De cette vaine attente elle atteindra un âge Sans connaître l'émoi d'une pudique main La douce volupté de sous son fin corsage Et quelques pieux baisers sur ses lèvres carmins
Quand pensive elle viendra au bord de la vieillesse Déposer les lambeaux d'une intime souffrance Maudira t-elle alors de sa belle jeunesse Celui qui de sa vie fut sa seule romance