Le nez à la vitrine et le regard envieux Elle admire tristement l'éclat de tout le blond De cette chevelure le teint lisse et soyeux De la belle poupée dont elle ne sait le nom
Elle reste ainsi rêveuse au retour de l'école Admirant silencieuse l'or des fils dorés Le col relevé l'écharpe sur l'épaule La robe de dentelle qu'habille la poupée
Quelques pantins de bois au sourire aguicheur D'un air langoureux d'une étrange clarté Dans la grande vitrine aux multiples couleurs Veillent jalousement sur la belle poupée
De ses grands yeux pensifs elle admire le charme Du somptueux décor où trônent les jouets Dans un profond soupir une trop grosse larme Roule de sur sa joue d'envier la poupée
Elle s'en va chaque soir enfouir son chagrin Sous son oreiller blanc le coeur déchiré Et pour mieux s'endormir rêve du lendemain Où l'attend sagement cette belle poupée