Rêve Armoricain :Le Poème - Ce que valent les rosesCe que valent les roses
Elle traîne son regard sur ses rêves éteints Dans une chambre jaune peuplée de tableaux noirs Sur un fauteuil lassé de porter ses chagrins On croirait une rose fanée dans un grimoire
La solitude règne dans le soir qui s'enfuit Dans une obscurité caressant ses vieux jours Ou passe sa jeunesse sans joie et sans envie On croirait une rose oubliée de l'amour
D'aurores solitaires et de trop longues nuits Ses espoirs inutiles s'étiolent dans le temps Sa raison n'a plus d'être qu'une lente agonie On croirait une rose desséchée par les ans
Quelques poupées éparses habillées de poussière Gisent de sur son lit d'une absente chaleur Sommeillant en silence dans une lourde atmosphère On croirait une rose dépourvue de senteurs
Elle tient entre ses mains quelques lettres antiques Nimbées de souvenirs effleurant sa mémoire En humant le parfum des lignes romantiques On croirait une rose dans la douceur du soir
Une larme chagrine brille au bord de ses yeux Par le doux souvenir d'un amour estompé Que portera encore ce fauteuil trop vieux Affligé de porter ces roses oubliées