Pour lui le monde n'existe pas Puisque privé de l'essentiel Sans l'once d'un filet de voix Sans lueur dans ses prunelles
Il erre dans les rues animées En tâtonnant de ci de là Une laisse au gros du collier De son ami guidant ses pas Son compagnon de chaque instant Auquel rien ne sait échapper Demeure son seul confident Depuis de nombreuses années
La belle étoile de son noir Chemine ainsi à ses côtés Qui ne sait lire son regard Mais devine bien ses pensées
La vie endeuille la vision Pour l'aveugle et pour le muet Pour lumière un chien un bâton Au sombre du temps prisonnier
Lequel s'éteindra le premier Vers un ailleurs bien étrange Éblouit par la clarté De blanche couleur des anges