De ma fenêtre claire
J'observe un peu les gens
Lorsque mon coeur se serre
A la vue des passants
Ils se tiennent la main
Dans les petites rues
Comme de vrais gamins
Là juste sous ma vue
Inutile de vous dire
Tout ce que je ressens
En les voyant sourire
Ou bien en s'embrassant
Je pense à mon amour
Dans cette petite ville
Et du haut de ma tour
Mon espoir vacille
Je me sens éperdue
Sans entendre sa voix
Mon coeur mis à nu
Soudain tremble de froid
Tout comme un automate
Je me laisse guidée
Et puis de la main droite
Je tourne la poignée
Envahie de chagrin
Je me penche un peu plus
Il ne manque presque rien
Pour tomber dans la rue
Un petit vent glacial
Me réveille brusquement
Juste avant que le mal
Me recouvre de sang
J'ai fermé les volets
Pour ne voir personne
Et puis tourné la clé
A la porte d 'automne
Je range au placard
Mes feuilles de papier
Tout au fond d'un tiroir
Ma plume asséchée
Je pourrais vous écrire
Un peu plus de moi
Mais il me faut dormir
A la prochaine fois

Publié dans Poémes Mélancoliques