Rêve Armoricain :Le Poème - Les retrouvaillesLes retrouvailles
Un jour, dit un jeune garçon En relevant la tête et surtout le menton Je m'en irais là bas plus loin que l'horizon Retrouver ma maman je suis son embryon
Je partirais un jour lorsque je serais grand Une boussole en poche et la rose des vents Parcourant les chemins de mon être vivant Afin de retrouver celle qui fut ma maman
Du haut de ses huit ans grandit le petit homme Devenu à présent bien plus haut que trois pommes Celui que l'on nommait le tout bonhomme S'en est allé très tôt par un jour d'automne
Il marcha longuement en usant ses souliers Sur le bitume gris et les monts vallonnés En portant sur son coeur toujours palpitant Une photo jaunie de sa chère maman
Et puis un beau matin à force de courage Il aperçut enfin les traits de son visage Près d'une vieille bâtisse tout au fond d'un village Les mains sur les genoux assise sous l'ombrage
Comme il aurait souhaité redevenir petit Pour voir sa maman se pencher sur son lit Il n'osa même pas lui parler de sa vie La serrer sur son coeur comme il s'était promis
Elle ne reconnut point ce jeune homme charmant Qui lui tendit les mains tout en se relevant D'une petite voix elle murmurant pourtant Si vous saviez combien je pleure mon enfant
Elle parla longuement de son triste passé Du père de son enfant l'ayant abandonné La misère guettant la venu d'un bébé Elle n'eut pas d'autre choix que de s'en séparer
Soulevant ses cheveux de ses mains incertaines Elle ôta de son coup avec un peu de peine Son prénom sur le coeur de la petite chaîne Qu'il aurait du porter le jour de son baptême
Il ne put résister face à tant de douleur La prenant dans ses bras la serra sur son coeur "Comme je t'ai rêvé murmura t'il en pleurs Ma petite maman mon unique bonheur"