Il y avait une fois un pêcheur de saint jacut qui venait lever ses filets dans la grève Du Dé; En s'en allant, il passa sur une houle de saint-jacut et il entendit sous terre une voix qui chantait si bien qu'il resta en extase à l'écouter. - Ah! dit- il, la belle chanson! Comme il achevait ces mots, il ouit une musique qui mit à jouer et à accompagner la voix qui chantait. Quelques instants après, les musiciens et les fées sortirent de la houle, et les fées se mirent à danser au son de la musique. Le pêcheur les regarda ient et aurait bien voulut se mêler à leurs jeux;mais il n'osait demander la permission et se mit à danser tout seul. Les fées qui le voyaient lui dirent: -" Venez danser avec nous." Le pêcheur entra dans la ronde des fées, et l'une d'elles lui demanda s'il voulait être le parrain de son enfant. Il répondit qu'il acceptait avec plaisir et les fées lui dirent de revenir dans trois jours à la houle, et d'amener avec lui pour être marraine, une jeune fille de Saint-Jacut. Au jour dit, le pêcheur qui se nommait Jacques, vient à la houle avec une jeune Jacquine qui avait pour nom Jeanne. Trois des fées les attendaient à la porte et les menèrent à la houle où ils nommèrent un petit garçon qui était beau comme le jour. jacques disait: Ma fa, mon fu, est 'il joli; il est biau comme un p'tit lapin. Les faitauds vinrent jouer un air de musique, on fit une belle fête et les fées dirent à jacques que s'il voulait se marier avec la jeune femme qu'il avait choisit, il serait heureux toute sa vie. - "je veux bien, répondit le pêcheur, si Jeanne y consent. La jeune fille promis d'épouser Jacques; les fées leur donnèrent un coffre plein d'argent et d'or qui ne diminuait point, et chacun d'eux eut une baguette, par le moyen de laquelle ils pouvaient avoir tout ce qu'il leur plairait. Jacques et Jeanne sortirent de la houle et retournèrent à Saint-Jacut où ils se marièrent. Depuis ce jour, ils vécurent heureux et remercièrent les fées, car celles ci étaient de bonnes fées, tandis que d'autres sont tout le contraire et l'on ne peut les distinguer, tant leur beauté est immense et leurs chants mélodieux. Oui, ce jour là, Jacques eut beaucoup de chance et l'on dit qu'il l'est encore, même après sa mort.
( Contes et légendes de Bretagne)
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